Les lauréats de 2009, le Dr Badri Rickhi (à gauche) et le Dr Hal Gunn (à droite), en compagnie de Geoff Rogers (au centre), fils du Dr Roger Hayward Rogers.

Les Drs Alastair Cunningham et Abram Hoffer,
lauréats de 2007.

 

 

Le but du Prix Dr Rogers est de reconnaître les contributions marquantes de la médecine complémentaire et alternative aux soins de santé. Ce prix de 250 000 $ honore les leaders et les pionners qui ont osé approfondir les approches nouvelles et inconnues qui sont désormais associées au vaste domaine de la médecine complémentaire et alternative.

Il faut être une personne remarquable pour pousser la réflexion au-delà des limites de la théorie admise, pour avoir le courage de mettre en pratique des idées et des méthodes nouvelles et pour persévérer dans cette voie, en faisant souvent face à l'opposition et à la critique. Ces esprits indépendants sont les pionniers qui tracent les nouvelles pistes.

Le Prix Dr Rogers cherchent à reconnaître les personnes qui incarnent un niveau de vision, de leadership et d'intégrité comparable à celui illustré par la carrière tout entière du Dr Roger Rogers, dont le prix commémore le nom. Le récipiendaire de ce prix est un individu qui a apporté une contribution marquante au domaine de la médecine complémentaire et alternative au Canada et qui :

  1. manifeste de l'engagement à l'égard de la pratique, de la recherche et/ou de la promotion de la médecine complémentaire et alternative;
  2. fait montre de vision, de leadership et d'intégrité dans ses activités;
  3. fait preuve de collaboration dans plusieurs disciplines et philosophies de la guérison;
  4. joue un rôle catalyseur dans l'avancement du domaine de la médecine complémentaire et alternative.

Nous encourageons les mises en candidature de personnes œuvrant dans toute la gamme immense et diverse des services et des champs d'activité que recouvre la médecine complémentaire et alternative.

Nombre de traitements et pratiques désormais considérés comme ordinaires – voire, relevant du gros bon sens – ont connu de l'opposition et de la résistance autrefois. Plusieurs furent d'abord considérés comme étant grotesques, ainsi que ridiculisés, rejetés et écartés.

Des idées comme celle du Dr Ignace Semmelweis qui, au milieu du 19e siècle, a établi que lorsque les médecins se lavaient les mains entre les consultations accordées à leurs patientes, ils réduisaient de manière spectaculaire le taux de mortalité des services d'obstétrique. La théorie de l'origine microbienne des maladies n'ayant pas encore été découverte, ses travaux furent rejetés. À l'époque, on déclara que cela n'avait aucun fondement scientifique et relevait de la religion ou de la superstition. Les faits prouvant que le lavage des mains était une pratique efficace qui sauvait des vies ne furent acceptées qu'après l'internement et le décès du Dr Semmelweis. Il fallut attendre que Louis Pasteur soit en mesure de développer cette théorie et de mener des expériences à ce sujet pour prouver que la théorie était correcte avant que sa validité soit communément acceptée, encore que pas entièrement au début.
En 1983, les docteurs Barry Marshall et Robin Warren ont prouvé que la bactérie Helicobacter pylori était responsable des ulcères d'estomac. C’était contraire aux idées acquises à savoir que les ulcères sont provoqués par le stress, les mets épicés et l’acide gastrique. De plus, tout le monde était convaincu que les bactéries ne pouvaient survivre dans l’environnement acide des intestins. La découverte fut ridiculisée. Cependant, le Dr Marshall en fit la démonstration par une expérience sur lui-même, en ingérant la bactérie et en développant des ulcères, lesquels furent ensuite traités aux antibiotiques. Il a fallu de nombreuses années pour changer le mode de traitement des ulcères établi selon les pratiques de la médecine traditionnelle (chronologie (en anglais)). En 2005, les Drs Marshall et Warren ont reçu le Prix Nobel de la physiologie ou de la médecine pour cette découverte.

Dr Harald zur Hausen s'est obstiné à prouver, contre la théorie admise, que le papillomavirus humain (HPV) oncogène causait le cancer du col de l'utérus. Il a publié sa première hypothèse en 1976 et a approfondi ses recherches sur sa théorie en relation avec cette découverte, tout en faisant face au ridicule et à de l'opposition pendant plus de trois décennies. Sa théorie s'avéra juste et il jeta ainsi un éclairage d'une grande portée sur ce cancer, le deuxième cancer plus fréquent chez les femmes. Il a reçu le Prix Nobel de la physiologie ou de la médecine en 2008.

Le Dr Rogers soignaient des personnes atteintes de cancer qui se faisaient dire qu'elles avaient épuisé les possibilités de traitement et devraient mettre leurs affaires en ordre. Son approche était axée sur la stimulation du système immunitaire, pour que celui-ci reconnaisse et combatte le cancer. Il adopta cette ligne de conduite tout en sachant que les faits ne l'avait pas encore établie, mais il maintenait catégoriquement que ces personnes avaient le « droit d'essayer avant de mourir ». Il éprouvait du dévouement pour ses patients et était disposé à remettre en question les idées traditionnelles, osant s'écarter de la facilité et de l'assurance prodiguées par la pratique acceptée afin d'étudier des avenues pour les personnes reléguées aux soins palliatifs. La notion de canaliser le système immunitaire pour combattre le cancer a fait son chemin et est désormais l'objet de recherches à la B.C. Cancer Agency, effectuées par le Dr Brad Nelson, entre autres. Le centre mis sur pied par le Dr Rogers au cours des années 1970 a évolué et est devenu Inspirehealth, qui offre des soins intégrés à un nombre grandissant de patients atteints de cancer.

En 2007, le premier Prix Dr Rogers a été décerné au Dr Abram Hoffer et au Dr Alastair Cunningham. Un jury composé de sommités internationales, à savoir le Dr James Gordon, le Dr George Lewith, la Dre Mary Ann Richardson, le Dr Simon Sutcliffe et le Dr Andrew Weil, s'était acquitté de la difficile tâche de sélectionner un récipiendaire à partir d'un groupe de candidats exceptionnels. À cela s'ajoutait la difficulté de l'accumulation de personnes dont les mérites dans le domaine n'avaient pas été reconnus et dont plusieurs avaient été mises en candidature. Après de longues délibérations ardues, le Prix a été partagé entre les Drs Cunningham et Hoffer. Leurs travaux respectifs exemplifiaient le courage, la passion et le pionniérisme qui sont essentiels à l'engagement nécessaire pour réussir tout en faisant face au scepticisme, à l'opposition et, souvent, au rejet flagrant. C'est ce type de contribution révolutionnaire que le Prix Dr Rogers vise à récompenser, à inspirer et à encourager.

En 2009, les 250 000 $ du Prix Dr Rogers pour l'excellence en médecine complémentaire et alternative sera décerné à un individu qui a fait preuve de vision, de leadership et d'intégrité, et qui a apporté une contribution marquante au domaine de la médecine complémentaire et alternative (MCA) au Canada.

Versé par la Fondation commémorative Lotte et John Hecht (Lotte and John Hecht Memorial Foundation), le Prix Dr Rogers est décerné tous les deux ans. Il s'agit du prix le plus important de son genre en Amérique du Nord.